Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine de fabrication de stylos, un déclenchement intempestif du système de sprinklage se produit vers 6h30 dans un atelier de traitement de surface. Le système d’extinction est mis hors service par les services d’incendie et de secours, vers 6h41, après la vérification de l’absence de départ de feu dans l’atelier. Durant une dizaine de minutes, de la mousse se répand dans l’atelier provoquant le débordement de bains cyanurés (volume de 1 100 l) et du bain de rinçages morts (volume de 900 l) puis de leur rétention. L’ensemble s’écoule au sol puis en sous-sol, dans les bassins de reprise des effluents aqueux usés de l’usine. En parallèle, les quatre réseaux de rejet de l’usine (deux réseaux d’eaux pluviales et deux réseaux d’eaux usées) sont obturés à 6 h 41 en vue de confiner tout départ de pollution accidentelle vers ces réseaux. La pompe de relevage, située au sous-sol, pour diriger les effluents aqueux usés vers la station de traitement physico-chimique de l’établissement, est hors de service vers 7h30. Après cette vérification, les obturateurs gonflables sont démontés vers 14 h.

La société procède ensuite au pompage de 40 t d’effluents aqueux usés, collectés dans deux bassins en sous-sol, et leur enlèvement est réalisé par une société spécialisée. Des analyses sont réalisées dans les réseaux touchés. Les résultats respectent les valeurs limites de rejet imposées par l’arrêté préfectoral. De plus, aucune anomalie de fonctionnement dans la station de traitement, ni de résultats d’autosurveillance hors norme n’est constaté.

Selon l’inspection des installations classées, cet incident aurait pu avoir des conséquences plus graves si un mélange de produits acides et de produits cyanurés s’était produit dans l’atelier de stripage. En effet, le débordement de l’ensemble des cuves aurait pu survenir après le déclenchement des têtes de sprinkleur, produisant de la mousse composée en partie d’eau (le bain d’acide n’a pas débordé durant l’incident). Ce mélange es susceptible de générer du cyanure d’hydrogène, extrêmement inflammable et très toxique par inhalation.

A la suite de l’accident, l’inspection des installations classées propose au Préfet un arrêté préfectoral pour mettre hors service d’une part le système de sprinklage dans l’attente d’une résolution de la défaillance, et d’autre part de réaménager l’atelier en vue de réduire le risque de mélange de produits cyanurés.