Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un débordement de réacteur avec émanation de dioxyde de soufre (SO2) se produit vers 8h dans une usine chimique lors du 5ème lot de fabrication (batch) d’un composé intermédiaire.

Une bisulfitation est en cours dans le réacteur qui ne comporte pas de système de sécurité de niveau très haut. Vers la fin de la réaction, l’opérateur formé et habité à cette synthèse, prélève un échantillon pour analyse : au moment où il ouvre l’orifice d’échantillonnage situé en contrebas du condenseur, 200 l de milieu réactionnel se déversent avec émanation de SO2. L’opérateur, qui portait ses EPI (casque, lunettes, gants de protection chimique, combinaison et chaussures de sécurité) est incommodé par le SO2 et légèrement brûlé au cou par les éclaboussures du milieu réactionnel acide. Il referme l’orifice d’échantillonnage et donne l’alerte. Ses collègues le douchent puis l’amènent à l’infirmerie ; il sera hospitalisé quelques heures pour des examens complémentaires.

Le POI est déclenché à 8h15. L’équipe de première intervention du site rince à l’eau le produit écoulé puis l’évacue vers la cuvette de rétention du bâtiment. Après analyse des 15 m³ d’effluents, ceux-ci sont envoyés pour traitement par voie biologique en fin de journée. L’exploitant diffuse un communiqué de presse.

D’après l’exploitant, l’origine de l’accident provient d’une fuite sur une vanne d’eau en partie basse du réacteur. Cette fuite, avec la pression du réseau, serait responsable de l’introduction d’eau en fond du réacteur, entraînant un excès de volume de 1 300 L dans le réacteur, que l’absence de niveau très haut n’a pas permis d’identifier. La présence de mousse dans l’échangeur en verre (accumulation progressive à chaque lot) n’a pas non plus permis à l’opérateur de visualiser le surremplissage du réacteur. Selon le principe des vases communicants, le surremplissage du réacteur a débordé dans l’échangeur puis par l’orifice d’échantillonnage lors de son ouverture.

L’exploitant met en place les mesures suivantes : remplacement de la vanne en sortie du réacteur par une vanne manuelle étanche, vérification des compteurs de la ligne (comptabilisation fiable des volumes), protection supplémentaire des opérateurs pour les prélèvements manuels d’échantillon (masque à gaz), instauration d’un lavage intermédiaire tous les 3 lots pour limiter l’accumulation de mousse et modification de la procédure d’échantillonnage (ajout d’un contrôle visuel de niveau via l’échangeur). A plus long terme, l’exploitant mettra en place une prise d’échantillon en vase clos sans ouverture préalable du réacteur ainsi qu’une mesure de détection de niveau très haut sur le réacteur.