Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans le dépôt d’un champs de pétrole, une explosion a lieu lors de l’installation d’une canalisation pour raccorder en partie haute 2 réservoirs d’hydrocarbures (HC). L’installation consiste en 4 bacs alignés et connectés par un système d’évents. Le bac n°1 contient des eaux usées, les bacs n°2 et 3 sont connectés par un système de trop-plein. L’intervention, menée par une entreprise sous-traitante, consiste à souder un raccordement du système de trop plein entre le bac n°4 et le n°3.

Préalablement à la phase de soudage, un ouvrier retire la trappe de visite à la base du bac 4 de pétrole brut pour en achever la vidange. Rincé à l’eau, le réservoir est ensuite laissé ouvert plusieurs jours pour que les vapeurs résiduelles d’HC s’évaporent. Le bac 3, immédiatement adjacent, contient des résidus et le 2 du pétrole brut.

Le jour de l’accident, un ouvrier « vérifie » l’absence d’HC dans le bac 4 en insérant un chalumeau allumé par la trappe, puis dans l’évent du côté opposé ! Une échelle est ensuite disposée entre le réservoir 4, calée sur une tuyauterie, et le toit du réservoir 3 où elle est bloquée par le poids de 2 ouvriers ; le chef d’équipe, sur le dôme du réservoir n°4, surplombe le soudeur.

L’ensoleillement et la chaleur matinale ont favorisé la formation et la migration des vapeurs inflammables dans les bacs 2 et 3 qui s’ échappent par la tuyauterie de trop plein de 3 pouces non isolée du réservoir 3, ouverte en direction du réservoir 4 adjacent auquel elle doit être connectée.

Quelques secondes après de début de la soudure, des étincelles enflamment des vapeurs d’HC à l’extrémité de la canalisation du bac 3. Le front de flamme se propage dans le bac 3 puis dans le 2 via la canalisation de débordement ; les 2 réservoirs explosent, des flammes de plus de 15 m de haut sont observées au dessus du bac 2. Leurs couvercles sont arrachés et projetés à 15 et 228 m. Le soudeur, attaché par un harnais au réservoir 4, est gravement blessé ; les 3 autres intervenants sont tués. Les secours locaux et la police alertés par un témoin se rendent sur les lieux ; les pompiers éteignent l’incendie du bac 2 avec de la mousse en 30 minutes. Après incendie, il restera 3,8 m3 de pétrole brut dans ce réservoir.

Malgré l’existence de guides techniques, l’analyse des risques mentionne plusieurs manquements graves aux procédures de sécurité relatives aux travaux par point chaud. Aucun détecteur de gaz n’a été employé, l’utilisation d’une torche de soudure extrêmement dangereuse étant à proscrire. Le tronçon de canalisation sur le réservoir 3 aurait dû être fermé, couvert ou isolé avant les travaux ; mieux, les vapeur inflammables auraient dû être éliminées en nettoyant les bacs 2 et 3. Enfin, les sous-traitants auraient dû monter un échafaudage et non utiliser une échelle plus ou moins en équilibre. Le sous-traitant n’avait pas établi de procédures de sécurité pour ses employés et l’exploitant du dépôt ne lui en imposait pas. L’exploitant prévoit de mettre en place des procédures écrites pour assurer des méthodes de travail sûres lors du nettoyage des réservoirs et pour le travail en hauteur avec points chauds.