Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine chimique, un opérateur détecte lors d’une ronde à 6h45, une fuite d’acide chlorhydrique (HCl) à 33 %, générant un léger nuage blanc, en point bas d’une cuve de stockage. D’une capacité de 100 m³, cette cuve en acier revêtue ébonite remplie à 80 % est proche d’un 2ème réservoir similaire, dans une cuvette de rétention de 150 m³.

Le POI du site est déclenché, les secours internes interviennent pour immerger la fuite ; 4 lances canon à 2,5 bar sont ainsi mises en oeuvre. Le transvasement de l’acide vers la 2ème cuve de stockage est initié et les effluents sont détournés vers le bassin événementiel de l’usine.

A 7h30, une 2ème fuite se déclare sur la canalisation latérale en PEHD de diamètre 15 supportant le manomètre de mesure de niveau par pression. Le nuage blanc opaque généré nettement plus important est visible hors de l’usine. Le niveau supérieur du POI est déclenché, les pompiers externes sont alertés ; ils arriveront sur site à 7h40 mais n’auront pas à intervenir. Des voies de circulation proches sont neutralisées ; elles seront réouvertes à la circulation à 8h45. Le personnel de secours interne en combinaison étanche anti-acide parvient à fermer une vanne de barrage et à stopper la fuite à 8h15.

La vidange complète du stockage vers la 2ème cuve et des citernes de transport se terminera à 17 h, celle de la cuvette de rétention à 19 h. Les 2 000 m³ d’effluents acides générés et récupérés dans le bassin événementiel seront neutralisés à la soude avant rejet dans le milieu naturel après vérification de leur conformité. L’exploitant et la préfecture ont communiqué à chaud sur l’événement.

La modélisation du rejet effectuée après l’accident montre que 5 m³ d’acide ont été rejetés, à un débit moyen de 1,54 kg/s pendant 45 min. La zone estimée d’effets irréversibles sur la santé est limitée à 20 m du point de fuite. Les prélèvements effectués dans le voisinage par les pompiers externes n’ont pas montré l’existence de risque pour l’importante population présente aux alentours du site mais celle-ci a ressenti une vive inquiétude à la vue du nuage blanc émis.

Une enquête est effectuée pour déterminer les causes de l’accident ; la première fuite résulterait de la dégradation du revêtement ébonite de la cuve de stockage au point de fuite, à l’origine de la corrosion de l’acier par l’acide. La 2ème fuite serait due à la rupture de la canalisation de support du manomètre par la puissance du jet indirect d’une lance mise en place lors de l’intervention.

Au titre du retour d’expérience, le stockage d’HCl sur le site sera limité : les 2 cuves de 100 m³ seront remplacées par un unique stockage de 50 m³ en PE le 15/10/07. Par ailleurs, l’ensemble des stockages du site est inspecté de façon à détecter les équipements faiblement supportés comme le manomètre sur la canalisation à l’origine de la 2ème fuite.