Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un établissement de commerce de gros de céréales et d’aliments pour bétail, soumis à déclaration au titre de la législation sur les ICPE, est à l’origine d’un rejet de 12 m³ d’engrais liquide (30% en poids d’azote) dans les eaux pluviales, polluant ensuite la SARTHE.

Le 03/07 vers midi, un pêcheur observant des poissons morts dans la rivière donne l’alerte. L’exploitant prévenu, constate la présence d’engrais liquide dans la rétention sous le bac de stockage d’une capacité de 85 m³ mais chargée de 25 m³. La cuve et la rétention sont vidangées dans la fosse à lisier d’un agriculteur voisin, permettant de récupérer ainsi 13 m³ d’engrais.

La pollution entraînée par le courant atteint le captage d’eau desservant la communauté urbaine d’Alençon (40 000 personnes) 2 jours plus tard ; un arrêté interdisant tout usage alimentaire de l’eau à partir du 05/07 à 18 h avait été pris la veille, il sera levé le 07/07 dans l’après midi. D’autres conséquences économiques sont relevées : une fromagerie et une usine de production de limonade suspendent leurs activités pour 24 h, l’activité économique liée au services de la communauté urbaine d’Alençon (restaurants, piscines…) doit être limitée…

Le réservoir de stockage à l’origine de l’accident est une ancienne citerne de transport datant de 1972 et achetée par l’exploitant en 2003 pour faire office de stockage fixe d’engrais liquide. En acier non inoxydable, elle n’était pas adaptée au stockage d’engrais liquide et sa disposition ne permettait pas un contrôle aisé de son état. Après l’accident, plusieurs points de corrosion sont repérés en fond de cuve, dont l’un sur une génératrice à l’origine d’un percement sur un diamètre de 3 cm, qui a provoqué la fuite.

Par ailleurs, la non-étanchéité de la rétention était connue de l’exploitant puisqu’il s’agissait d’une ancienne fosse de pesage des camions de céréales qui n’avait pas été conçue pour être étanche ; elle n’était équipée d’aucun système de détection de niveau ou dispositif d’alarme.

Enfin, le réseau de drains assez dense installé dans le sol du fait de la construction de l’établissement sur une ancienne zone marécageuse, a facilité le transit rapide de l’engrais rejeté vers le réseau d’eau pluviale qui se déverse dans la SARTHE.

La mise en place d’une procédure d’inspections et de contrôles réguliers de l’installation de stockage d’engrais ainsi qu’une réflexion sur la chaîne d’alerte à mettre en place en cas de fuite doivent être réalisées pour diminuer la probabilité de renouvellement d’un tel accident.