Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine d’engrais, une fuite d’acide nitrique à 62 % se produit vers 8h10 sur une vanne de sectionnement à l’entrée du saturateur de l’atelier ammonitrates, alors en fonctionnement stabilisé.

Cette fuite, évaluée à 1 t d’acide durant 20 min, génère un dégagement important de vapeurs nitreuses dans l’atelier, notamment au contact du calorifuge d’une conduite de vapeur en contrebas.

L’alerte est donnée par un employé qui, circulant au voisinage des installations, remarque une fumée opaque sortant des bâtiments de l’atelier. Le POI, déclenché à 8h12, sera levé à 9h47.

L’atelier est mis à l’arrêt. L’acide rejeté, ainsi que les 2 m³ d’eau utilisés pour refroidir les installations et limiter l’évaporation de l’acide, récupérés dans une cuvette de rétention, sont acheminés dans un bac de récupération préalablement isolé.

Seules de faibles conséquences économiques consécutives à l’arrêt de l’atelier sont relevées.

La corrosion prématurée des joints métalliques de la vanne de sectionnement est à l’origine de la fuite. Le matériau du joint mis en place quelques jours plus tôt, n’était pas adapté et ne correspondait pas, selon l’exploitant, aux caractéristiques indiquées dans le bordereau de sortie de cet article du magasin.

Par ailleurs, l’inspection des installations classées constate que le débitmètre d’acide nitrique, situé en aval de la vanne de sectionnement, à l’entrée du saturateur, n’a montré aucune variation du débit entrant dans le saturateur malgré la fuite d’acide en amont. Cet indicateur de débit, équipé de seuils d’alarme et de sécurité par fermeture des vannes d’alimentation d’acide, n’a pas permis de détecter la fuite et d’alerter les opérateurs. Aucun autre dispositif de sécurité n’a pu alerter les opérateurs sur l’existence de cette fuite. Enfin, l’atelier n’était pas équipé de capteur susceptible de détecter ce type de rejet.

A la suite de cet accident, l’exploitant devra notamment procéder à un contrôle exhaustif des joints similaires à celui mis en défaut et susceptibles d’avoir été remplacés au cours des dernières opérations de maintenance et réaliser un contrôle et une remise en état de l’ensemble des installations susceptibles d’avoir subi des dégradations du fait de l’écoulement d’acide, ce avant tout redémarrage de l’atelier.