Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine chimique, un feu se déclare vers 23h30 au niveau des fours de cracking de dichloroéthane (DCE) produisant du monochlorure du vinyle (CVM). Le POI est déclenché, les équipes d’intervention de la plate-forme et les secours externes sont alertés.

L’incendie se propage dans l’unité après une ‘explosion’ dans un four. Les rideaux d’eau sont déclenchés, les secours internes attaque le feu à l’aide de poudre ; l’attaque des foyers à la mousse débute 7 min après le début du sinistre.

L’incendie se généralise au niveau du four et de la pomperie. La mise en sécurité de l’unité débute vers minuit en coupant des alimentations : éthylène, chlore, gaz naturel. Les secours, sous ARI, luttent contre un feu d’unité avec plusieurs foyers dispersés et en présence de fumées de chlorure d’hydrogène (HCl).

Le four et les fluides sont isolés à 0h25 et l’unité est à l’arrêt. A 0h50, le feu est maîtrisé au niveau du four. A 1 h, l’intensité de l’incendie diminue après isolement complet des circuits de la partie de l’unité concernée. Dans le même temps, une arrivée importante de mousse est signalée à l’anse d’AUGUETTE, un camion est dépêché sur place pour pompage. A 1h20, le feu est éteint à la pomperie, quelques petits feux subsistent au niveau des inter-étages. Vers 2 h, les petits feux inter-étages sont éteints, ne reste qu’un feu sous le ballon de reflux. Par ailleurs, la présence de mousse est signalée en mer, les marins pompiers y installeront des barrages. A 2h25, le feu sous le ballon de reflux est éteint, les médias (presse, radio) sont informés. Le POI est levé à 4h10. Les simulations d’incendie effectuées par l’exploitant montrent que dans les conditions de vent du 23/05, le nuage d’HCl n’est pas sorti des limites du site.

Un four est constitué d’une chambre de combustion chauffée à l’aide de 100 brûleurs alimentés en gaz naturel. Cette chambre est traversée par le faisceau de radiation où circule le DCE. Le sinistre a pour origine le perçage d’un tube de four (diamètre 8 mm) entraînant une fuite de produits et une inflammation locale. La fuite s’est ensuite aggravée (13 mm) avec détente des produits dans le four et effet de souffle. A la suite de cette surpression, les trappes d’explosion du four se sont ouvertes, ainsi qu’une trappe de visite provoquant la sortie de produits enflammés et l’extension à l’unité et aux chemins de câble. Des expertises sont réalisées pour déterminer l’état de corrosion des tubes. L’exploitant décide de renforcer la fermeture des trappes de visite pour éviter leur ouverture en cas de surpression et de mettre en place une télécommande des vannes de vapeur d’étouffement qui n’ont pas pu être approchées lors de l’accident. Les travaux sur la chaîne impactée dureront plusieurs mois.