Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine chimique, une explosion et une fuite enflammée se produisent au niveau de la bride d’une soupape sur le turbocompresseur de l’atelier de fabrication d’ammoniac (NH3) en cours de redémarrage. Les détecteurs hydrogène et l’alarme incendie alertent la salle de contrôle qui met aussitôt l’atelier en sécurité. L’équipe d’intervention éteint rapidement le sinistre. Le POI n’est pas déclenché.

L’accident ne fait pas de victime, l’opérateur présent à proximité ayant pu fuir juste avant l’explosion, après avoir entendu le sifflement dû au rejet de gaz de synthèse composé à 70 % d’hydrogène (débit de 15 000 Nm³/h). Les conséquences matérielles concernent l’environnement direct du turbocompresseur : cablages électriques, bardages fondus, calorifuge de canalisations fortement endommagé… L’unité de fabrication d’ammoniac sera arrêtée pendant plus d’un mois.

Cinq jours avant l’accident, un problème lié au défaut d’absorption de CO2 au niveau de la colonne de décarbonatation de l’unité de production de NH3 alors en redémarrage conduit les opérateurs à ouvrir la mise à l’air en aval de la colonne avant le déclenchement de la sécurité de température haute. Cette mise à l’air trop importante (erreur opératoire), entraîne la chute de la pression d’aspiration du turbocompresseur de synthèse de NH3 et l’activation de l’arrêt d’urgence de l’atelier. La soupape sur la ligne entre le turbocompresseur et le réacteur de méthanisation est alors sollicitée sur pression haute et s’ouvre sans que les opérateurs ne le remarquent.

Les jours suivants, la production reprend mais un bilan des gaz de synthèse anormal conduit l’exploitant à mener de plus amples investigations et découvre que la soupape précédemment sollicitée n’est plus étanche : elle laisse s’échapper les gaz via une cheminée haute de 47 m. L’atelier est arrêté une nouvelle fois pour permettre le remplacement de la soupape incriminée.

L’unité redémarre une nouvelle fois. L’amorçage de la réaction de méthanation intervient à 22 h ; le turbocompresseur de synthèse démarre à 1h30 ; l’accident se produit à 3h14 sur la bride de la soupape nouvellement en place (diamètre 6″ soit 150 mm).

L’accident serait dû à un sous-tarage de la soupape qui, sollicitée lors du démarrage, aurait “battu”, entraînant des vibrations à l’origine du desserrage rapide des écrous de la bride. Par ailleurs, ceux-ci étaient vraisemblablement insuffisamment serrés. Le défaut de traçabilité des opérations de jointage (couple de serrage) est également mis en avant.

Au titre du retour d’expérience, la société en charge du retarage des soupapes devra faire l’objet d’un agrément par le service inspection de l’usine, les procédures de jointage sont améliorées, les cahiers des charges concernant le jointage et la révision des soupapes sont renforcés, un capteur de pression supplémentaire est mis en place…