Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 6 h, un flash se produit lors de travaux effectués dans une usine chimique. L’accident se déroule entre 2 campagnes de production : les 7 et 8/02, le réacteur d’hydrogénation est nettoyé, désodorisé et séché pour éliminer les résidus de la production précédente et préparer l’appareil à la synthèse suivante. Le 12/02 à 5 h, le contremaître de fabrication distribue les consignes spécifiques à la nouvelle fabrication à un opérateur. Ce dernier ne suit pas l’ordre chronologique que prévoient les consignes de vérification avant démarrage de la synthèse : pour gagner du temps lors de la mise sous pression de l’appareil à 9 bar d’azote, il lance en parallèle plusieurs réglages et vérifications (ouverture des vannes manuelles hydrogène du stockage, de celle d’arrêt d’urgence en amont des ateliers…). La vanne du réacteur et celle de sécurité process située en amont et protégée par un clapet anti-retour, restent fermées. Le réacteur est sous pression d’azote. L’opérateur détecte une fuite d’N2 au niveau du trou d’homme. Il décomprime alors l’appareil et déboulonne les fixations du couvercle pour changer le joint. Pendant cette opération, il entend un bruit de fuite au niveau du joint. Pensant à une fuite d’H2, il bloque la vanne du réacteur et enclenche l’arrêt d’urgence de l’atelier. Persuadé que le réacteur est propre et que le volume résiduel dans la canalisation est faible, il poursuit le changement du joint et demande de l’aide à un collègue. Ces 2 personnes sont projetées en arrière lors de l’explosion. Le POI et le plan ETARE sont déclenchés. Les 2 opérateurs, brûlés au visage et aux mains, sont transférés dans un hôpital niçois puis dans un établissement spécialisé sur Toulon. L’atelier est mis en sécurité. Une enquête de gendarmerie est effectuée pour en déterminer les causes. La presse relaie l’information. L’exploitant décide de fermer le site pour 48 h. L’expert mandaté explique que l’explosion résulterait de l’inflammation d’une faible quantité d’H2 par du catalyseur en présence d’oxygène provenant de l’ouverture du trou d’homme. Il remarque par ailleurs que la vérification de l’étanchéité de l’appareil et la mise sous pression de la ligne sont réalisées simultanément sans suivre les consignes, qu’aucun test d’étanchéité n’est prévu pour les vannes de la ligne H2 et qu’aucune consigne spécifique n’existe pour l’ouverture du trou d’homme en mode normal ou dégradé ainsi que pour le changement du joint. Le montage existant d’échantillonnage et d’introduction d’H2 favorise le risque de fuite sur les vannes en amont du réacteur et la présence de catalyseur dans le réacteur. Les conditions de séchage auraient augmenté le caractère pyrophorique du catalyseur. Des modifications sont envisagées pour les équipements d’hydrogénation (mise en place de capteurs de pression, de pare-flamme sur les évents des détendeurs…) et les procédures (analyse des risques, vérification des lignes H2, consignation ligne H2 avant ouverture du trou d’homme…).