Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un piquage se rompt vers 8 h dans une usine de fabrication de caoutchouc ; 6 m³ de cément chaud (75 % hexane, 25 % polymère) se répandent sur le sol, un nuage d’hexane se forme mais ne s’enflamme heureusement pas. Le POI est déclenché. Les équipes de secours de l’usine interviennent, puis les pompiers sont alertés ; 4 employés incommodés sont hospitalisés. Un communiqué de presse de l’exploitant indique que la situation a été rapidement contrôlée et que les rejets n’ont entraîné aucun impact hors du site. L’incident s’est produit sur une chaîne de polymérisation.

Soudé sur la ligne de refoulement d’une pompe, un piquage raccordé à un préleveur d’échantillons et un pressostat s’est dévié ; une brèche s’est créée, par laquelle s’est échappé le cément. Sous l’effet de la chaleur et de la détente, l’hexane contenu dans le cément s’est vaporisé en formant un nuage inflammable. Les détecteurs de gaz se déclenchent, entraînant la fermeture de la vanne du réacteur et une alerte en salle de contrôle. La ligne de production est isolée en fermant des vannes manuelles en amont et en aval de la pompe. Les diffuseurs de mousse sont mis en route pour recouvrir le cément, tandis que les effluents sont dirigés vers les bassins de confinement.

L’exploitant précise que la dérivation avec le pressostat a été rajoutée en 2004 sur le piquage mis en place en 2003 sans que la soudure de ce dernier sur la ligne de refoulement de la pompe n’ait été renforcée. L’inspection des installations classées note que cette modification n’a été ni tracée ni formalisée et n’a pas fait l’objet d’une évaluation suffisante des risques. L’exploitant déclare que le renforcement de la dérivation a créé un phénomène de balourd aggravé par les vibrations dues au fonctionnement de la pompe. Ce phénomène a fini par entraîner une rupture par fatigue probablement au niveau de la soudure du piquage sur la ligne principale.

Après cet incident, l’exploitant démonte la ligne de refoulement de la pompe et le piquage incriminé pour réparation. Toutes les lignes de polymérisation sont arrêtées. L’exploitant vérifie l’absence de piquage similaire sur les autres lignes. Le redémarrage des lignes de polymérisation est conditionné à la justification de l’absence de toute configuration similaire au piquage défaillant, la réalisation des inspections nécessaires prouvant le bon état des équipements et la mise en place des mesures de prévention destinées à diminuer la probabilité de renouvellement d’un tel incident. L’exploitant doit enfin communiquer une chronologie des faits, un descriptif des équipements impliqués, une analyse des causes de l’incident, ainsi que des effets sur les personnes et sur l’environnement. Le respect de l’arrêté de mesures d’urgence imposant ces différentes mesures permet le redémarrage de la ligne 3 mois après l’incident. Les pertes d’exploitation sont évaluées à 0,9 MEuros.