Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 5h50, des flammes et des fumées noires sont émises à la cheminée à laquelle sont reliés les trois fours de l’unité de distillation DB4 d’une raffinerie. Par ailleurs, une élévation très importante de la température au niveau de la gaine d’évacuation des fumées sortie convection est constatée (coloration rouge vif- température mesurée de 900 °C). La procédure d’arrêt d’urgence est enclenchée comprenant l’interruption de l’envoi de la charge de pétrole brut et l’injection de vapeur d’étouffement dans les fours. Ces opérations permettent de maîtriser rapidement le début d’incendie sans intervention des moyens de secours internes mobilisés à titre préventif.

Les investigations menées par l’exploitant sur les 3 fours révèlent que l’un des tubes de diamètre 6″ du réseau de convection du four F 5103 présente une ouverture longitudinale de 150 mm sur sa génératrice supérieure. La perte de confinement du tube a libéré, en zone de convection, le pétrole brut circulant à l’intérieur des tubes. Celui-ci a pris feu générant les fumées noires et les flammes constatées en tête de cheminée.

L’examen du tube, qui appartient à la première nappe du réseau de convection (“tubes de choc”), révèle la présence d’un dépôt de coke sur sa paroi intérieure. Ce dépôt a contribué à une diminution des capacités d’échange thermique occasionnant un échauffement anormal de la paroi du tube (1 mm de coke déposé provoque une élévation de température évaluée à 20 °C) puis sa rupture par “fluage long terme”. Des contrôles de présence de coke réalisés sur les autres tubes du réseau de convection, ne révèlent pas d’autre anomalie.

Sur proposition de l’inspection des installations classées, des mesures complémentaires sont prescrites: contrôle en continu de la température de peau des “tubes de choc” en zone de convection avec report d’alarme en salle de contrôle, suivi mensuel par thermographie infrarouge de la température de peau des tubes de l’ensemble des passes de convection au niveau des 3 sorties fumées des fours, rédaction d’une procédure sur les actions à mener en cas de détection de température haute des tubes, étude sur la formation de coke sur les parois intérieures des tubes de four de distillation de pétrole brut.

A la suite de cet incident, plusieurs unités ont du être progressivement mises à l’arrêt par manque de charge. Les pertes d’exploitation sont évaluées à plus de 23 000 000 € et les dommages matériels s’élèvent à 920 000 €.