Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un feu se déclare dans l’atelier de déshydratation d’une usine de fabrication de nitrocellulose industrielle. L’unité reçoit par des canalisations hydrauliques un mélange de 90 % d’eau et de nitrocellulose (NC) dirigé vers des presses à déshydrater. Par pression, l’eau est chassée par l’éthanol qui est injecté (jusqu’à 35 % en poids) à travers les fibres de NC. L’eau et l’alcool favorisent la stabilisation de NC et diminuent les risques d’inflammation lors de son transport. La galette extraite de la presse est broyée, puis conditionnée en fûts krafts ou en cartons pour être expédiée. A 14h02, un ouvrier en poste au laboratoire de contrôle aperçoit une lumière (flash ?) au niveau du broyeur de la presse (P6C). Un 2ème opérateur en poste à la presse P5 entend une déflagration et voit des flammes autour des pompes à alcool qui se propagent sur les toits. Après avoir constaté le départ de feu, l’ouvrier du laboratoire se précipite pour activer le bouton d’urgence ‘noyage’ qui commande le déluge d’eau sur les 3 lignes de presses et les broyeurs situés en aval. Près de 20 s après le flash, une 2ème explosion retentit dans un autre atelier. Le bâtiment est évacué. Les pompiers de l’usine s’activent face à la propagation de l’incendie aux bacs à alcool, aux presses P5, P6 et aux toits. Le POI est déclenché et les secours de Bergerac arrivent à 14h20 aidés de ceux de plusieurs autres casernes. Le sinistre est maîtrisé pour les feux de vapeurs d’alcool à 14h15 et pour ceux de NC à 14h30. Au moment des faits, les presses et essoreuses étaient à l’arrêt, le préparateur titrant le taux d’éthanol de la NC. L’incendie s’est propagé à plusieurs locaux par inflammation successive des poussières de NC omniprésentes dans le bâtiment. Le feu aurait débuté au-dessus de l’auvent du quai de chargement de NC et occasionné la 1ère explosion d’une conduite pluviale en PVC contenant des poussières de NC. Il s’est ensuite communiqué par les toitures à une canalisation inox désaffectée contenant également de la poussière de NC qui a explosé, provoquant des effets missiles au niveau de l’atelier des bacs mélangeur de NC. Il n’y a pas de blessé. Le montant des dommages matériels s’élève à 650 keuro : toitures, chéneaux, réseaux d’alimentation, matériels de production (presses, broyeurs, cuves à alcool des presses). Les installations sont mises à l’arrêt sans recours au chômage technique. Les 90 t de NC souillées présentes dans les machines et les bacs de mélange devront être incinérées.