Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans un garage automobile de 4 étages abritant 2 réservoirs souterrains de carburant de 3 et 4 m³ en fosse maçonnée, une forte odeur d’essence est perçue durant le remplissage de la cuve de 4 m³. Après jaugeage, le garagiste constate qu’il manque 1 200 l d’essence dans le réservoir. Les pompiers sont alertés et mettent en place dès leur arrivée des matériels de ventilation pour aérer l’établissement. Une explosion se produit vers midi lorsque le garagiste actionne machinalement un commutateur électrique placé au bas de l’escalier donnant accès à la fosse de graissage ; le bâtiment s’effondre et le mur de façade s’abat dans la rue sur un groupe d’écoliers qui assistaient en curieux à l’intervention des secours ; 17 morts dont 3 pompiers et 7 enfants ainsi que 30 blessés externes à l’établissement sont à déplorer. Les vitres de l’immeuble de 7 étages attenant au garage sont détruites ; ses occupants et ceux d’autres locaux contigus seront évacués pendant plusieurs semaines (durée précise inconnue) pour permettre les travaux de déblaiement et de mise en sécurité des bâtis. Dans le périmètre de sécurité mis en place l’alimentation en électricité et en gaz sera également interrompue pendant une durée inconnue.
Les enquêtes révèleront que la déflagration est due à l’inflammation, par l’étincelle de rupture de l’interrupteur électrique, des vapeurs d’essence présentes dans le garage à la suite de l’écoulement de carburant dans le sol. Cinq ans plus tôt, les pompes de distribution de carburant avaient été déplacées sans suppression des canalisations devenues caduques mais toujours reliées aux réservoirs. L’une d’entre elles a été sectionnée au cours de travaux d’agrandissement du garage dans le sous-sol, aménagement toujours en cours au moment de l’accident, entraînant ainsi le déversement de l’essence à l’origine des vapeurs. L’enquête révèlera également que cette extension n’avait pas fait l’objet de demande des autorisations réglementaires requises.
L’exploitant du garage est condamné par le tribunal correctionnel à 6 mois de prison avec sursis et 1 000 NF d’amende (soit 1 400 euros en 2006). Un responsable de la société ayant réalisé les travaux de déplacement des pompes de distribution est condamné à une amende de 500 NF (soit 700 euros en 2006). Le montant des dommages-intérêts s’élèvera à 683 000 NF (soit 965 000 euros valeur 2006). A la suite du sinistre, une modification des prescriptions réglementant les garages “de 3ème classe” (soumis à déclaration au titre de la législation des installations classées) est proposée, imposant dans les sous-sols des garages la mise en place d’un appareillage électrique de type “antidéflagrant” et interdisant les ateliers de réparations comportant l’emploi de foyers (forges, chalumeaux…).