Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 3 h, un vraquier battant pavillon maltais et un chimiquier des Iles Marshall entrent en collision dans le rail Casquets qui canalise le très dense trafic maritime au large du Cotentin. L’accident se produit dans les eaux internationales à 62 km à l’ouest de Cherbourg alors que la mer est agitée avec des creux de 2,5 m et des vents de NO soufflant à 40 km/h. Les 2 bateaux empruntaient la même route maritime : le vraquier de 198 m, avec à son bord 26 000 t de phosphate, se rendait à Police (Pologne) et le chimiquier de 226 m à double coque qui transportait 10 000 t d’acide phosphorique (H3PO4) rejoignait Gand (Belgique). 2 hélicoptères des gardes côtes britanniques hélitreuillent les 22 membres d’équipage du chimiquier qui sont soignés pour des blessures mineures. Aucune avarie n’est à signaler sur le vraquier sur lequel se trouvent 21 marins. Des plongeurs examinent la coque du chimiquier afin de déterminer les causes de la collision et de l’impact environnemental éventuel. Le 01/02 à 3h30, le chimiquier coule à 90 km à l’ouest de la pointe de la Hague alors qu’il est remorqué vers la baie de Seine. Aucune trace d’H3PO4 n’est relevée à la surface de l’eau dans la zone du naufrage. Les moyens aériens britanniques et français observent 2 pellicules fragmentaires en surface. Or, le bateau qui gît par 70 m de fond dans les eaux internationales, transporte 70 t de fioul lourd et 20 t de fioul léger. La 1ère irisation lenticulaire est détectée sur une zone de 12 km sur 5 km autour de l’épave. La 2ème rectiligne (40 km*1,5 km) serait due au dégazage illicite d’un navire ayant profité de cette pollution. Le déversement d’ H3PO4 qui se dissout dans l’eau de mer, ne devrait pas avoir d’effets délétères sur l’écosystème marin. Selon une association de défense, l’H3PO4 contient du cadmium dissout, métal toxique. La préfecture maritime prend par précaution un arrêté interdisant la pêche dans un rayon de 1,8 km autour de l’épave et met en demeure l’armateur turc de prendre les mesures nécessaires pour que le navire ne présente pas de risques pour la navigation et le littoral. Un chasseur de mines français envoie un robot pour réaliser des images de la coque et détecter d’éventuelles fuites : des déchirures, dues à des “implosions post-naufrage”, existent sur la coque mais aucune pollution nouvelle n’est constatée. L’installation de radars longue portée à l’entrée de la Manche pourrait renforcer la surveillance de cette zone maritime.