Pollution
Humain
Environnement
Economique

En quelques minutes, 800 kg d’un mélange gazeux de tétrahydrofurane (THF) et de 1,5-hexadiène (substances irritantes et inflammables), sont rejetés à l’atmosphère d’une usine de régénération de solvants, via une soupape équipant une colonne de distillation atmosphérique. Cette colonne est rapidement arrêtée. Des employés de la zone industrielle percevant une odeur de solvants alertent les pompiers. Ceux-ci font évacuer les 110 employés d’une usine voisine, parmi lesquels, 6 personnes prises de nausées et de malaises sont hospitalisées ; elles en ressortiront dans la journée. Les autres employés évacués, regagneront leur domicile après avoir été examinés sur place par des médecins. Des analyses d’air sont effectuées aux alentours. Les mesures d’explosivité se révèlent négatives. L’inspection des installations classées se rend sur les lieux. Le blocage par le gel (- 8°C) d’une vanne permettant l’appoint en eau des bassins d’alimentation des pompes des condenseurs des colonnes de distillation serait à l’origine de l’accident. En l’absence d’alimentation en eau, les bassins se sont progressivement vidés par évaporation jusqu’au désamorçage de la pompe. Les vapeurs en tête de colonne n’étant plus condensées, la température et la pression dans celle-ci ont augmenté provoquant l’ouverture de la soupape. Les conditions météorologiques défavorables (vent faible et tournant, brouillard dense) ont par ailleurs contribué à la mauvaise dispersion des rejets atmosphériques. L’analyse de l’accident, dont le scénario n’avait pas été envisagé dans l’étude de danger du site, montre que le système d’appoint en eau et le niveau d’eau des bassins ne faisaient l’objet d’aucun contrôle ou relevé particulier, que la conduite des installations repose sur la vigilance des opérateurs qui contrôlent en permanence les principaux paramètres du procédé démunis d’alarme, que l’installation n’est pas équipée de détecteur de gaz permettant la détection rapide de fuites…L’inspection des installations classées constate les faits. Avant redémarrage, l’exploitant met en place les mesures suivantes : traçage et calorifugeage de la vanne et de la portion de ligne d’appoint en eau, définition d’une consigne sur le contrôle des niveaux des bassins, mise en place d’une alarme de température basse au refoulement des pompes d’alimentation en eau, d’une sonde de niveau bas sur chacun des bassins, d’un débitmètre avec seuil bas sur les collecteurs d’eau réfrigérée…