Pollution
Humain
Environnement
Economique

Près de 1 kg de phosgène (COCl2) est émis pendant 1,5 min en cheminée de l’atelier de production de diisocyanate d’hexaméthylène (HDI) d’une usine chimique. Les alarmes des analyseurs en sortie de colonnes d’abattage et du détecteur d’ambiance du site (seuil > 1,5 ppm) se déclenchent, provoquant la fermeture des clapets de confinement de l’installation, l’envoi d’ammoniaque à la cheminée pour neutralisation du phosgène et la mise en alerte gaz de l’ensemble de la plate-forme chimique. Aucune conséquence humaine ou sur l’environnement n’est relevée. L’alerte est levée 45 min après son déclenchement. L’accident est survenu lors d’une opération de déphosgénation préalable à l’inspection d’un réservoir de phosgène, rendue nécessaire par le constat d’un encrassement sur le bouilleur de la colonne servant à la séparation de l’acide chlorhydrique (HCl). Cette étape consiste à traiter le solvant (monochlorobenzène) chargé en COCl2 à travers deux colonnes de séparation (HCl et COCl2) puis de diriger le phosgène gazeux vers les circuits d’évent de l’atelier et les 2 colonnes d’abattage à la soude. Une dépression dans la deuxième colonne de séparation aurait provoqué via le circuit d’évent, le reflux d’un mélange de phosgène et d’azote d’inertage d’un autre bac de l’atelier, dont l’évent est traité par les colonnes d’abattage. La présence d’azote aurait fait chuter les rendements d’absorption des dispositifs de traitement (respectivement de 500 kg/h et 2 000 kg/h à 360 kg/h et 1 360 kg/h) et serait à l’origine du rejet en cheminée du phosgène malgré l’abattage ultime à l’ammoniaque.