Pollution
Humain
Environnement
Economique

A 4h10, une violente explosion retentit dans l’atelier principal (400 m²) d’une usine spécialisée dans la fabrication et le conditionnement de détergents. L’explosion est suivie d’un début d’incendie maîtrisé par les pompiers dépêchés sur place. Les 50 m³ d’eaux d’extinction sont dirigées vers un bassin (200 m³). Selon l’exploitant, l’accident s’est produit sur un mélangeur (9 m³) dédié à la fabrication d’acide peracétique (désinfectant, stérilisant dans l’agroalimentaire et en milieu hospitalier). Ce produit est obtenu à pression atmosphérique par mélange à froid de 50% d’acide acétique, 28% de H2O2, 5 % d’additifs divers et 17% d’eau. Au moment de l’accident, le mélangeur renferme 1,5 m³ de solution préparée la veille en vue de son conditionnement dans des tonnelets en plastique le lendemain matin. La production étant réalisée de jour, aucun membre du personnel n’est présent sur les lieux lors de l’explosion.

Les dégâts matériels sont importants : effondrement de la toiture constituée de plaques de fibrociment, écroulement possible de la charpente, déchiquetage du mélangeur en inox sous la puissance de l’explosion. Compte tenu de l’état de la charpente et de la toiture, les secours interdisent l’accès à l’atelier, le risque de chutes d’éléments métalliques et de plaques de fibrociment étant réel. Selon l’expert mandaté par l’exploitant, l’introduction d’un contaminant (métallique ?) dans le mélange lors de la prise d’échantillon aurait provoqué la décomposition de l’acide peracétique et initié l’emballement de la réaction, instable à température ambiante. L’énergie dégagée ne pouvant être dissipée, la pression aurait augmenté jusqu’à l’éclatement de la cuve non équipée de dispositif limitant les surpressions internes. Pris le 28/07, un arrêté fixant les mesures d’urgence subordonne la remise en service de l’atelier à la vérification de l’intégrité des structures du bâtiment, des équipements et matériels… Il impose aussi la sécurisation des conditions d’accès aux installations sinistrées, du site (clôture, gardiennage), de tous les contenant pouvant présenter un risque, l’évacuation des eaux d’extinction et des produits endommagés. Le procédé étant instable à température ambiante, l’expert propose une analyse du process, le suivi de la température du milieu réactionnel avec asservissement et alarme, la présence d’évents sur le mélangeur et d’un disque de rupture relié à un catch tank et la formation du personnel à l’emploi de peroxydes.