Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine d’incinération des déchets ménager (UIOM) avec cogénération d’électricité, une explosion se produit dans le four n°4, sous le rouleau n°1 de la trémie de récupération des cendres. La chambre de combustion est constituée de réfractaires, les grilles sur lesquelles a lieu la combustion sont disposées de telle sorte que la couche à incinérer soit aérée le plus possible afin d’éviter les imbrûlés. Les rouleaux peuvent être arrêtés manuellement ou automatiquement. Le jour de l’accident, ce four ne traite que des OM. A 23h40, après avoir entendu un bruit sourd, un opérateur aperçoit pendant 10s une flamme rouge aux bords noirs, caractéristique de la combustion d’hydrocarbures, sortir de l’embouchure où est positionné l’évent de décharge équipant la trémie sous le rouleau n°1. La flamme frappe le mur se trouvant à 3 m de l’embouchure de l’évent et descend à 3 m du sol. Un nuage de flammèches et de poussières envahit le local. Un 2ème opérateur alerté par les cris de son collègue donne l’alerte. A 23h42, les opérateurs arrêtent l’arrivée d’air primaire et vidangent la trémie de décharge pour l’isoler et ce, afin d’éviter un retour de flamme. La procédure d’arrêt du four est alors déclenchée. Le chef de secteur utilise un extincteur pour maîtriser un début d’incendie sur une gaine d’arrivée d’air. Le sinistre est maîtrisé en quelques minutes. L’installation est laissée à l’arrêt jusqu’à l’arrivée 3 j plus tard, d’une société d’expertise qui enquêtera sur les causes de l’accident. Peu de dégâts matériels sont constatés : ouverture et déformation de l’évent de décharge de la trémie par le souffle de l’explosion, destruction par les flammes de gaines en caoutchouc. Les premières analyses d’échantillons prélevées sur place laissent à penser que l’explosion serait due à l’introduction d’un solvant dans le four. L’emballage se serait ouvert et le solvant aurait coulé à travers les rouleaux. Avec la chaleur, le solvant se vaporise, l’atmosphère de l’espace confiné (10 m³) s’enflamme et provoque une onde de pression avec ouverture de l’évent. L’expert recommande d’une part d’introduire le même débit d’air primaire mais par 2 orifices différents (partie supérieure et col de la trémie) pour éviter la formation d’une atmosphère explosive au sein de la trémie, d’autre part soit d’interdire l’accès au niveau de l’évent et à la partie inférieure du local (côté évent), soit d’évacuer les flammes résultant d’une explosion à l’extérieur du local.