Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine de fabrication de savons, détergents et produits d’entretien, une fuite sur la double paroi d’une cuve conduit à une pollution de la CHARENTONNE. Ce réservoir contient 5,2 t de matières dont 3 t d’eau osmosée, 0,27 t d’alcool éthylique dénaturé, 0,76 t de paraffine sulfonate et 1,14 t d’amidobétaïne (40 % acide). La capacité est équipée d’un dispositif de chauffage par vapeur (double paroi) qui comprend un circuit d’évacuation des condensats relié au réseau des eaux pluviales. La veille de l’accident, la fabrication de liquide vaisselle et le chauffage par vapeur sont arrêtés à 12h00 en attendant l’ajout de matières premières. Le matin de l’accident, l’opérateur constate à 7 h que la cuve s’est en partie vidée et que 3 t de produits de vaisselle ont rejoint la rivière via le circuit d’évacuation des condensats. Le rejet des produits chimiques est stoppé à 8h30 par fermeture de vanne. D’une durée de 20 h, la fuite conduit à la formation d’une épaisse couche de mousse à la surface de l’eau. Les effluents sont constitués de 58 % d’eau et de 37 % de tensioactifs. Les produits chimiques déversés facilement biodégradables (CL50 pour les poissons comprise entre 1 et 5,2 mg/l) ne présentent pas de toxicité pour la faune et la flore, informations confirmées par le garde pêche qui ne relève aucune mortalité piscicole. Les services concernés par ce sinistre sont informés. L’exploitant évoque plusieurs hypothèses pour expliquer l’origine de la fuite : rupture d’une soudure des plaques en inox qui constituent la double paroi ou contraintes trop importantes de la cuve due aux fortes variations de température imposées par la fabrication de différentes substances. L’inspection des installations classées propose un arrêté préfectoral de mise en demeure. L’usine avait déjà été à l’origine d’une importante mortalité piscicole dans la CHARENTONNE quelques semaines avant l’accident. A la suite de l’accident, l’exploitant envisage un fonctionnement en circuit fermé du système de vapeur d’eau ou une récupération des condensats dans une zone de rétention en vue d’analyses et de leur traitement éventuel.