Pollution
Humain
Environnement
Economique

A 4 h, un dégagement de gaz incontrôlé suivi d’un incendie se déclare sur le puits de la caverne n°1 d’un stockage souterrain de gaz naturel en cavités salines. Pendant 6,5 jours, les 170 millions de m³ de gaz naturel stockés sont libérés a fort débit (28 millions de m³ par jour) et brûlés. Le feu s’éteint de lui-même par déplétion du combustible et une vanne anti-éruption est posée le 26 août pour remettre la cavité sous contrôle.

Les dommages matériels sont estimés à 20 millions d’euros et les coûts liés à la perte du gaz à 36 millions d’euros. Aucun blessé n’est a déplorer, de nombreuses familles vivant dans la région Moss Bluff ont été évacuées pendant plusieurs jours.

L’enquête déterminera que l’événement déclencheur est une rupture (séparation entre 2 parties de tubes) d’une canalisation de 219 mm à l’intérieur du puits à 1 135 m de profondeur. La cause de la rupture reste inconnue et les matériaux incriminés ne sont pas récupérables dans la caverne. Le stockage était en fonctionnement normal en mode “dé-saumurage” (saumure retirée pendant que le gaz est injecté). Aucun événement inhabituel n’avait été reporté par les opérateurs.

Lorsque le niveau de la saumure a atteint la disjonction, le gaz sous pression est entré dans la ligne, a atteint la surface et la tuyauterie de saumure (200 mm) des installations extérieures.

Le système d’arrêt d’urgence (ESD) détecte la variation de pression, d’écoulement et de composition dans la saumure et ferme la tête du puits. La force mécanique résultante (“coup de bélier”) produite par la poussée soudaine des flux cause la rupture de la tuyauterie de saumure entre la tête de puits et de la vanne ESD, au niveau d’une partie de tuyauterie corrodée (corrosion interne sur une tuyauterie installée et testée en 2000). La brèche sur la tuyauterie provoque le départ et l’alimentation du feu dirigé, de par la localisation de la brèche, vers la base de la tête du puits. Celle-ci tombe le 20/08 à cause de la forte chaleur radiée : le feu s’éteint alors pendant 28 s avant de reprendre, le gaz s’échappant directement du tubage (“casing” de 0,5 m). L’analyse des procédures d’exploitation et de suivi, de la position des vannes et des registres d’exploitation n’ont pas révélé d’erreur de procédure ni d’erreur humaine qui aurait contribué à l’événement.