Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une caserne de pompiers, l’une des 2 bouteilles d’air comprimé composite d’un Appareil Respiratoire Isolant (ARI) neuf explose et blesse grièvement au crâne un pompier ; hospitalisé, ce dernier décède peu après. Quatre autres pompiers sont légèrement blessés. Venant d’endosser son équipement pour un exercice de maniement du matériel, la victime manipulait le robinet de la bouteille quand cette dernière a explosé, une partie de celle-ci frappant violemment sa tête. La police effectue une enquête pour déterminer les causes et circonstances de l’accident (expertise de la bouteille et de ses équipements…). Un examen du réservoir aurait montré une combustion partielle du liner polyamide dans l’enveloppe dont la combustion paraît plus importante vers le fond de la bouteille ; une inflammation spontanée, ou initiée par une décharge électrostatique dans la bouteille, du liner porté en température par la compression très rapide de l’air lors de l’équilibrage de la bouteille vide avec la 2ème à 300 bars est envisagée.

Selon les pompiers, plusieurs cas de rupture d’enveloppe ont été recensés dans les publications spécialisées : réservoir en fibres de verre R sur liner d’aluminium éclatant dans le coffre d’un fourgon aux USA en 1996 et provoquant d’importants dommages matériels (un produit de nettoyage acide utilisé pour entretenir les chromes serait en cause), rupture en 1996 également d’une bouteille d’ARI de même constitution au poste de sécurité incendie du tunnel sous la Manche après utilisation dans le feu de ce tunnel peu de temps auparavant (une expertise conclût à un vieillissement prématuré de la structure composite ; une pollution chimique lors de l’intervention est évoquée), rupture lors d’une manipulation du fond d’une bouteille réalisée en fibres de carbone sur liner thermoplastique d’un ARI à Genève en 2002 (le réservoir a ensuite été projeté au plafond, provoquant la rupture du robinet), plusieurs autres incidents seront enfin constatés mettant essentiellement en cause des défauts d’étanchéité des réservoirs (micro fuites du liner polyéthylène). Les contraintes liées à l’utilisation, la mise en oeuvre et l’entretien de ces réservoirs sont sans doute à étudier dans le cadre spécifique des matériels de secours (mobilité et exposition à des chocs et contraintes en environnement hostile, agressions chimiques et températures élevées et homologations diverses, le réservoir ne constituant qu’une partie de l’ARI).