Pollution
Humain
Environnement
Economique

Une faible explosion et un feu se produisent dans une usine agrochimique formulant, conditionnant et stockant à façon des herbicides, fongicides et insecticides liquides. La montée en température rapide d’une étuve, normalement réglée à 40 °C, a provoqué la surchauffe et la décomposition thermique, puis l’inflammation de 12 fûts d’un insecticide organophosphoré. Les gardiens donnent l’alerte, le POI est déclenché et les premiers moyens d’intervention sont mobilisés. Un vent très faible ramène les fumées (odeurs de mercaptans) sur la ville et 2 établissements industriels voisins ; l’un d’eux doit confiner ses employés. En place 10 mn plus tard, les secours externes établissent un périmètre de sécurité et 2 rideaux d’eau de part et d’autre du foyer. Une CMIC effectue des prélèvements d’eau et d’air : toluène, benzène et composés soufrés ou phosphorés ne sont détectés qu’à proximité du foyer. Le sinistre est maîtrisé en 30 mn par les moyens humains et techniques importants mobilisés (90 hommes…). Le site étant en rétention totale, 173 m³ d’eaux d’extinction sont dirigées vers le bassin tampon de 1 200 m³ de la station d’épuration interne avant élimination dans une filière adaptée après analyses. Les déchets solides seront traités dans un centre extérieur. Les dommages matériels sont évalués à 200 Keuros. Les fûts étaient préchauffés depuis 48 h avant utilisation en fabrication. Les étuves sans appareillage électrique sont mises en température avec de l’air chauffé par des canalisations vapeur à 7 bars et 170 °C. Un réglage est assuré par thermostat et un thermomètre relié à une sonde affiche la température interne de l’étuve. Les thermostats ont été déplacés à l’arrière des étuves 3 mois plus tôt pour éviter de les endommager durant la manutention des palettes de produits chimiques. Les thermomètres également démontés n’avaient pas été réinstallés depuis, seule l’ouverture des portes de l’étuve permettant d’en vérifier la température. Une analyse doit préciser l’origine du sinistre : défaillance du thermostat ou de la ventilation de l’étuve, canalisation vapeur rompue… Le redémarrage des étuves est conditionné aux compléments à apporter à l’étude des dangers, ainsi qu’aux dispositions techniques et organisationnelles à prendre pour éviter un tel accident. Une évaluation des effets éventuellement induits par les fumées est réalisée. Une technologie de type fondoir (bain-marie) sera utilisée à la place des étuves.