Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un incendie et une explosion se produisent sur l’unité de séparation des gaz (GP : gas plant) d’une raffinerie située sur un site de 2 km2 sur la rive sud de l’estuaire Humber et traitant 225 000 barils de pétrole brut par jour. Le site est divisé par l’A160 et délimitée au nord par la ligne de chemin de fer qui sépare le site d’un autre raffinerie.

A 14h20, un tronçon de tuyauterie entre la colonne de distillation et le condenseur se rompt brutalement au niveau d’un coude, juste en aval d’un point d’injection d’eau (qui ne faisait pas partie de la conception originale de l’unité). La rupture du tuyau (DN 150 – ligne aérienne de transport de gaz inflammables sous haute pression) dégage un gigantesque nuage contenant 90 % d’éthane / propane / butane. Le nuage de gaz s’enflamme 30 s plus tard, provoquant une forte explosion et un incendie. Une autre fuite s’enflamme vers 14h35, produisant une nouvelle boule de feu. L’incendie, de 35-45 m de haut sur 30 m de large, se propage au stabilisateur et aux colonnes de propane / butane. Les effets thermiques de l’incendie causent d’autres ruptures de tuyauteries sous pression (effets domino). Ainsi, des quantités supplémentaires de carburant alimentent le feu et produisent une autre boule de feu 15 minutes plus tard, suivie par de plus petites. Au total, 179 t d’hydrocarbures extrêmement inflammables ont été libérés, ainsi que 0,5 t de sulfure d’hydrogène (SO2).

L’équipe d’intervention d’urgence interne, soutenue par les pompiers publics et ceux de la raffinerie voisine circonscrivent l’incendie en 1 h ; il est éteint vers 20 h.

Le GP est fortement endommagé par le feu et les explosions ; d’autres bâtiments du site situés jusqu’à 400 m de l’explosion sont endommagés. La raffinerie sera arrêté pendant plusieurs semaines. Des dégâts (fenêtres cassées, des fissures dans les plafonds …) sont signalés sur des maisons et entreprises à l’extérieur du site dans un rayon d’1 km. Des projections sont retrouvées jusqu’à 5 kilomètres.

L’accident s’est produit un jour férié et pendant l’heure de changement d’équipe : par chance peu de gens étaient sur le site ; seulement 1 technicien et 2 membres du public sont légèrement blessés.

L’examen de la section de tuyauterie (intérieur revêtu d’une couche de passivation de sulfure ferreux) retrouvée dans les décombres montre que le coude a rompu suite à un phénomène d’érosion / corrosion qui, au fil du temps, a réduit l’épaisseur de paroi du coude de 8 à 0,3 mm, si bien que les parois ne pouvaient même plus résister à la pression d’usage de la canalisation. Le phénomène est directement lié à l’injection d’eau dans le tuyau qui a “emporté” le revêtement de protection, laissant la porte ouverte à l’attaque de l’acier par les agents corrosifs présents dans le flux gazeux transporté.

L’enquête menée par le HSE révèle de multiples défaillances organisationnelles, dont l’incompréhension systématique des conditions d’opérations de la tuyauterie, et l’inspection inadéquate des tuyauteries de l’unité GP. Elle révèle également des défaillances dans la gestion des modifications de l’exploitant car celle-ci n’a pas correctement analysé les effets d’un changement de mode de fonctionnement (point d’injection d’eau et les procédures afférentes), et ne l’avait pas suivie, ce qui a conduit les opérateurs, le personnel d’inspection et le personnel de surveillance à n’être pas au courant des modalités réelles de fonctionnement des tuyauteries sur l’unité. Le 29 Juin 2005, la société est condamnée à une amende de 895 000 livres.

La société entreprend un long programme d’inspection de l’ensemble des tuyauterie ; la structure organisationnelle est révisée afin de clarifier les responsabilités en matière d’intégrité mécanique. Les procédures d’appel des services d’urgence, et de prise de décision pour déclencher l’alarme extérieure sont améliorées.

Le groupe auquel appartient l’exploitant fait réaliser des audits de l’ensemble de ses raffineries dans le monde.