Pollution
Humain
Environnement
Economique

Sur l’autoroute A31, un incendie se déclare à 4h50 dans la remorque d’un camion transportant de l’éthanol, de la peinture, de l’acétone et 900 détecteurs de fumées contenant des pastilles d’américium 241 (radioélément toxique à vie longue – code ONU 2910). Or, les documents de transports retrouvés par la gendarmerie dans le véhicule ne mentionnent que la classe 3 de l’ADR (liquides inflammables) et non la 7 (radioactivité). Pris individuellement, ces objets ne sont pas couverts par l’ADR, alors que les 11 lots transportés représentent au total 267 kg de substances radioactives. Le chauffeur français avait récupéré le véhicule à Toul auprès d’un chauffeur allemand et ne savait pas le contenu de sa cargaison.

Les pompiers rencontrent des difficultés d’approvisionnement en eau et luttent 5 heures pour se rendre maîtres de l’incendie, ignorant le risque présenté par la cargaison. Après l’incendie, une partie de la cargaison calcinée (6 t) est dirigée vers un centre d’enfouissement technique de classe 2 et la carcasse du véhicule est envoyée chez un récupérateur de métaux.

Le 13/10, l’OPRI (office de protection contre les rayonnements ionisants)et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sont informés par la société destinataire du chargement de la présence de sources radioactive. L’alerte est lancée : l’éventuelle contamination d’une quarantaine de personnes (pompiers, gendarmes, personnels de l’autoroute, dépanneurs…) impliqués dans l’accident est recherchée par analyses d’urine.

Le 15/10, la contamination résiduelle de l’épave et du lieu de l’accident est mesurée ; l’épave dont le niveau de contamination atteint 150 Bq/m², fera l’objet de protections particulières (isolement, bâchage…) puis d’une élimination spécifique. L’exploitant de l’autoroute procède au remplacement de la partie de l’accotement endommagée par l’incendie (env. 1 m² contaminé à 160Bq/cm²) ; les terres excavées contaminées à 2 500 Bq/kg sont prises en charge par l’ANDRA. L’accident est côté 1 sur l’échelle INES.

Un échauffement de frein ou d’essieu est à l’origine de l’incendie. La prochaine visite technique de la remorque devait s’effectuer avant le 13 juillet 2000.