Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine chimique, une conduite de dinitrotoluène (DNT) explose dans un réacteur d’hydrogénation destiné à la fabrication de toluènediamine (TDA). Le contenu de réacteur constitué de TDA, d’eau, de catalyseur et d’hydrogène est rejeté à l’atmosphère sous forme liquide pendant 20 min (dégazage de 25 bar à 4,5 bar) et sous forme gazeuse (vapeur d’eau + hydrogène) pendant 40 min. Les secours internes interviennent aussitôt pour installer des rideaux d’eau et ainsi limiter les rejets de produits. Les égouts du site sont obturés pour récupérer les eaux d’interventions. La circulation sur la route proche de l’usine est stoppée. Un tramway passant à proximité au moment de l’accident est arrêté et fait l’objet de prélèvements pour déceler la présence éventuelle de dépôt de produits.

La majeure partie du TDA rejeté s’est déposée au sol, sur les équipements et les bâtiments avant de se solidifier pour former une masse dure et noire de polymère oxydé par l’oxygène de l’air. Sur le parking de l’établissement, 270 voitures sont contaminées. Des traces de TDA sont ainsi détectées dans un rayon de 250 m autour de l’usine. Aucune victime n’est à déplorer, les dommages matériels sont évalués à 3 M DM au sein de l’usine et 1,5 M DM à l’extérieur.

La présence de dépôts (type nitrocrésols) dans la canalisation de DNT est à l’origine de l’obturation des tubes ramifiés plongeant dans le réacteur ; le DNT ainsi bloqué s’y est décomposé, provoquant l’explosion.

Pour diminuer la probabilité de renouvellement d’un tel accident, les mesures suivantes sont mises en oeuvre :

  • révision du dimensionnement de la conduite de DNT pour éviter la formation de dépôt,
  • mise en place d’un contrôle continu de passage de DNT dans les conduites d’arrivée,
  • instauration d’un rinçage des canalisations de DNT après chaque interruption de transfert…