Pollution
Humain
Environnement
Economique

Une explosion de peroxyde de benzoyle (PBO) se produit dans une entreprise de fabrication de peinture. Dans un bâtiment dédié à la fabrication de peroxydes, du PBO à 98% en granulés est produit par séchage de lots de PBO à 75%, depuis 2001 en utilisant un séchoir sphérique tournant sous vide (chemisé et revêtu de verre).

Le vendredi 27/12/2002, les employés débutent une fabrication de BPO à 98 % : le séchoir sous vide est chargé avec 90 kg de granulés de PBO à 75 % et démarré. Conformément à la pratique, l’eau chaude alimentant le séchoir est stoppée lorsque la température interne atteint 42 °C pour permettre au contenu de se refroidir. L’entreprise étant fermée le week-end, le système de séchage est resté fermé et scellé jusqu’au lundi 30/12/2002, quand les opérateurs suivent la procédure normale pour redémarrer le système de séchage. Encore une fois, en raison de 2 jours fériés pour la nouvelle année, le séchoir est resté fermé jusqu’au retour au travail du personnel de l’usine le 2 janvier 2003. Chaque batch durant généralement 2,5 jours, les opérateurs s’attendent à ce que le lot soit prêt après un dernier cycle de séchage dans la matinée. À 8h50, la température à l’intérieur du séchoir atteint 42 ° C, ce qui déclenche l’arrêt du chauffage pendant que le séchoir continue de tourner sous vide pour permettre au matériau de se refroidir.

A 11h30, les opérateurs prennent leur pause déjeuner sur une table à 10 m de l’équipement. L’un des opérateurs note un bruit inhabituel provenant de la pompe à vide et décide d’aller la vérifier après le déjeuner. A 11h55, le séchoir sous vide explose avec –d’après les employés qui quittent rapidement les lieux- « une épaisse fumée noire, des flammes et un bruit d’explosion ». L’un d’eux est légèrement blessé par des projections de débris.

Le système d’extinction automatique s’active et les pompiers, arrivés rapidement sur les lieux, éteignent un feu résiduel. Les eaux d’extinction sont analysées à plusieurs endroits et jugées non dangereuses. Le séchoir est propulsé à 10 m à travers la paroi en tôle ondulée et plusieurs palettes de fûts. Le bâtiment est fortement endommagé.

L’enquête menée par le bureau pour la sécurité chimique (US CSB) montre que la cause probable de l’explosion est liée à une décomposition thermique du peroxyde, car les conditions de séchage s’avéraient approcher fortement de la température de décomposition thermique. En effet, une fois le chauffage arrêté et comme la double enveloppe n’a pas été conçue pour être vidée, l’eau chaude à 82 ° C restait dans la double enveloppe jusqu’à « refroidissement naturel » (par pertes de chaleur vers le milieu environnant)…

Les experts soulignent que les dangers des peroxydes et du PBO sont bien documentés et que l’opérateur aurait dû examiner les normes consensuelles et des documents d’orientation sur la manipulation, le stockage et la fabrication de PBO, et mettre en oeuvre leurs bonnes pratiques (telles que l’information sur les dangers du produit, une analyse des risques, l’élaboration d’un programme d’entretien préventif et la formation des opérateurs sur les procédures d’exploitation, tant pour les situations normales qu’anormales).