Argus des accidents : septembre / octobre 2012

Les accidents technologiques sont fréquents, sont-ils normaux ?

Aria 42861

244 accidents technologiques ont été répertoriés dans la base Aria en septembre et octobre 2012. Parmi ces événements, 141 sont survenus en France sur des installations industrielles fixes. Un nombre une nouvelle fois élevé (4 accidents par jour en moyenne) et une interrogation qui demeure, celle du  » caractère normal, récurrent et peut-être inévitable  » de tels accidents.

 

Pourtant, sur les 106 accidents français répertoriés ce bimestre et dont l’origine est connue :

– 73 % ont une cause simple, prévisible, pour laquelle des mesures de prévention éprouvées sont connues depuis longtemps : perte de contrôle d’un procédé (21 %) due à un phénomène physique, chimique ou biologique connu comme à Coubon (43), contrôle et maintenance inadaptés des équipements (19 %) comme à Villers-Semeuse (08), nettoyage insuffisant (13 %) comme à Feuquières (60), procédé pas assez surveillé (7 %) comme à Brest (29), travaux par points chauds mal préparés (6 %) comme à Saint-Maurice-de-Beynost (01), dépotages mal maîtrisés (4 %) comme à Narbonne (11), prise de risques enfin (2 %) comme à Mably (42) ;

– 15 % ont une cause plus complexe, telle qu’une analyse de risques incomplète comme à Saint-Jacques-de-la-Lande (35), ou une gestion des modifications mal maîtrisée comme à Maxeville (54) ; la prévention de ce type d’accidents nécessite la mobilisation de compétences plus spécialisées, ainsi que le recours à des outils et méthodes d’analyse spécifiques ;

– 12 % résultent d’agressions externes, qu’il s’agisse d’actes de malveillance comme à Chuisnes (28) ou de phénomènes climatiques importants mais sans être extrêmes comme à Lourdes (65). S’il n’est pas toujours possible de se prémunir de telles agressions, leurs conséquences peuvent souvent être anticipées et fortement atténuées par des efforts de prévention adaptés.

 

Ces chiffres nous montrent que le risque accidentel vient moins de la « complexité normale » des accidents que d’une organisation qui considère comme  » normales  » de petites dérives quotidiennes, celles-ci finissant par déclencher l’accident.

Concernant enfin la récurrence des accidents, on constate que, parmi les 21 accidents du bimestre impliquant des sites classés Seveso, 4 constituent la réitération d’événements similaires survenus au cours des 20 dernières années. Un chiffre qui nous rappelle que, même sur les sites industriels les mieux préparés aux risques, la mémoire individuelle ne peut remplacer le recueil et l’analyse de l’expérience accidentelle collective, sous peine de voir les mêmes accidents se reproduire.

 

Télécharger le document "Argus septembre octobre 2012" au format .pdf (1.2 Mo)