Argus des accidents : mai / juin 2012

Mieux contrôler les rejets accidentels de matières dangereuses

En mai et juin 2012, 195 accidents ou incidents survenus en France ou à l’étranger ont été recensés dans la base de données Aria du ministère du développement durable.

En France, 107 accidents avec rejets de matières dangereuses dans l’atmosphère, les eaux superficielles, les sols ou les nappes phréatiques ont été répertoriés. En excluant les eaux d’extinction et les fumées des incendies, pour le moins salissantes ou polluantes, mais aussi susceptibles de contenir des produits de dégradation dangereux, les rejets directs dans le milieu naturel de substances potentiellement toxiques, corrosives ou polluantes impliquent à 33 reprises le transport de matières dangereuses (route, fer, canalisation, mer…) ou la distribution et l’utilisation du gaz domestique, 30 accidents étant liés aux installations classées.

Concernant ces dernières, 5 événements illustratifs ont été retenus ce bimestre : perte d’étanchéité d’une installation à Pont-de-Claix (38), corrosion d’un ancien réacteur et mélange des matières réactionnelles aux eaux de refroidissement à Huningue (68), fuite d’un réservoir en surpression à Tavaux (39), défaillance électrique et rejet accidentel à Hérouville-Saint-Clair (14), effluents gazeux insuffisamment traités enfin à Mers-les-Bains (80).

Quelques exemples qui démontrent la nécessité de bien identifier l’origine, les causes et les circonstances possibles de ces événements pour en limiter occurrence et conséquences. Proportionnées aux enjeux, les analyses des risques induites permettront ensuite d’affiner la détection des anomalies, d’adapter et renforcer la formation des opérateurs, de compléter les dispositions organisationnelles existantes par des procédures spécifiques en matière d’exploitation, de suivi renforcé des matériels, de travaux ou d’intervention sur sinistre, de remplacer un équipement inadapté, mais aussi de prévoir des moyens de prévention et de protection complémentaires…

Lorsque l’installation présente un fort potentiel de danger, notamment à la suite de la mise en oeuvre d’une substance particulièrement toxique, le confinement ultime de certains de ses équipements, voire de toute l’installation, peut ainsi s’avérer judicieux ; une décision qui entraîne certes un important surcoût initial, mais parfois rapidement amorti lors d’une situation accidentelle en permettant un contrôle immédiat et dans le temps, si son recyclage ou sa neutralisation sont envisagés, de la substance toxique émise, en éliminant tout rejet  » direct  » non traité susceptible d’impacter l’homme et le milieu naturel.

Télécharger le document "Argus mai juin 2012" au format .pdf (715 Ko)