Argus des accidents : janvier / février 2013

Communiquer en situation difficile

Au cours des mois de janvier et février 2013, la base de données Aria du ministère du développement durable a répertorié 190 accidents ou incidents dont 187 français. Ce bimestre se caractérise par plusieurs événements à fort impact médiatique ayant impliqué des sites Seveso :

– un rejet de mercaptans dans une usine à Rouen (76) est ressenti jusque dans la région parisienne et sur la côte sud de l’Angleterre ;

– percevant le bruit accompagnant l’effondrement brutal d’un stockage, la population riveraine d’une papeterie à La Rochette (73) redoute une explosion et alerte les pompiers ;

– à Gand en Belgique, une explosion dans un site chimique entraîne l’instauration d’un périmètre de sécurité de 900 m, ainsi que l’arrêt de la circulation fluviale sur le cours d’eau voisin.

Si la réduction des risques à la source, la maîtrise de l’urbanisation au voisinage des sites industriels et le test régulier des moyens d’intervention sont des axes essentiels dans la prévention des risques technologiques, ces 3 événements nous rappellent que l’information du public joue également un rôle majeur.

L’accidentologie montre que plusieurs obstacles techniques peuvent gêner la communication en situation accidentelle ou post-accidentelle : pollution chronique survenue avant les faits et compliquant les analyses chimiques, pollutions atmosphériques aux origines mal identifiées, nécessité de réaliser des mesures sur des denrées alimentaires ou des analyses biologiques sur les personnes n’en sont que quelques exemples.

Malgré ces difficultés, la description des anomalies doit dès que possible s’accompagner de valeurs de références et de mesures de mitigation pour le public, lui permettant ainsi de se forger une opinion et d’adopter les précautions d’usage.

L’absence ou l’insuffisance de communication des parties prenantes ne peut que susciter interrogations, inquiétudes, rumeurs et critiques. Il est d’autant plus important de communiquer sans retard sur les situations susceptibles de donner lieu à une crise que les techniques de communication actuelles (réseaux sociaux) permettent à tout un chacun de diffuser quasi instantanément des informations plus ou moins justifiées. À défaut, le dépositaire d’informations négatives sera soupçonné de dissimulation s’il ne les révèle pas.

Communiquer sur les situations difficiles, en toute humilité, sans éluder les problèmes rencontrés et sans vouloir rassurer à tout prix, s’avère ainsi une nécessité. Au-delà des enseignements techniques, l’expérience montre une forte attente du public pour une communication de vérité.

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