Les opérations courantes, voire les plus banalisées, peuvent présenter des risques : c'est le cas pour les phases de manutention, très fréquentes dans tous les types d'activité et incontournables dans la vie de la quasi-totalité des produits industriels. Un examen de ces opérations montre qu'elles génèrent en effet de nombreux accidents. |
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L'accidentologie qui suit nous permet de visualiser l'incidence des accidents de manutention sur des installations fixes ou mobiles. Elle a été constituée à partir des données de la base ARIA, limitées à celles concernant la France depuis le 01.01.90. |
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L'échantillon ainsi constitué comprend 80 accidents. Si les conséquences et les typologies sont identifiées dans presque tous les cas, les causes et les circonstances sont moins bien connues (respectivement un peu plus de 80% et 70% des événements répertoriés). |
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Activités et secteurs concernés :
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L'activité impliquée est connue dans la plupart des cas d'accidents et il n'est pas surprenant de constater que de nombreuses activités ont connu dans la période concernée au moins un accident : c'est le cas pour une trentaine des rubriques principales répertoriées dans la nomenclature INSEE. A partir de cette répartition très éparpillée, quelques secteurs se dégagent : l'industrie alimentaire, qui représente 1 accident sur 10, du fait en particulier de l'utilisation de convoyeurs dans l'acheminement de ses produits vers des silos par exemple. Les services auxiliaires des transports sont concernés dans la même proportion, avec la manutention des fûts et autres conteneurs : ce sont alors des erreurs commises lors de la manutention à l'aide des chariots élévateurs ou bien l'ignition par ces chariots d'une éventuelle fuite de produit. Le commerce de gros présente des caractéristiques similaires avec près de 8% des accidents. Viennent ensuite dans une moindre mesure, l'industrie chimique, la fabrication de produits minéraux autres que métalliques ou les industries du déchet.
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Le matériel de manutention et la manutention en général ne sont pas responsables ou directement à l'origine de tous les accidents. Dans 1 cas sur 5, ils n'interviennent que comme facteur aggravant d'un accident initié par ailleurs : il s'agit par exemple de réserves de gaz des chariots élévateurs qui explosent, pris dans un incendie, ou d'une bande transporteuse qui propage un incendie, dont la cause est indépendante du convoyeur lui-même.
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Pour ce qui concerne les conséquences sur les installations que provoquent les anomalies de manutention, on constate que l'incendie est le développement le plus courant (plus d'un cas sur 2) presque à égalité avec les situations de rejets dans l'environnement (presque un cas sur 2 !). Des explosions, qui aggravent généralement le sinistre et ses conséquences, sont observées dans un cas sur 5, de manière bien moins fréquente que les incendies ou les pollutions. Les dégâts engendrés au sein des établissements dans les cas d'incendie ou d'explosion sont loin d'être négligeables, certains accidents entraînant même un impact sur le personnel. Pour ce qui concerne les rejets, c'est bien souvent à l'extérieur de l'établissement que les conséquences sont visibles avec des pollutions de rivières ou de sols.
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Les matériels le plus souvent impliqués sont : |
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Les chariots de différents types (33 % des accidents répertoriés) : ils interviennent souvent comme initiateur d'un incendie ou d'une explosion en fournissant l'énergie qui va déclencher le phénomène (27 %). Ils peuvent aussi, et c'est le cas le plus fréquent (50 %), être la cause directe de l'accident à la suite d'erreurs de manoeuvre (chute d'objets, percement de fûts, détérioration de matériel comme des canalisations, ...). Enfin, les chariots au gaz interviennent 1 fois sur 4 comme facteur aggravant d'un accident.
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Les convoyeurs à bande (25 %) sont, 3 fois sur 4, la source directe (échauffement de la bande) ou indirecte (une étincelle l'enflamme) de l'incendie. Pour le quart des accidents restants, ils interviennent comme vecteur de propagation de l'incendie qui s'est déclaré à proximité.
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Les engins de levage (grue, grappins, ponts) sont impliqués dans 23 % des événements : dans près d'un cas sur 2, ce sont des problèmes de perte de stabilité (chutes de l'engin) ou de tenue mécanique du système (bras élévateur ou flèche qui casse). Des cas d'ignition démarrant un incendie se produisent également (plus d'une fois sur 4). Quelques erreurs de manoeuvre sont également notées (1 fois sur 5).
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On observe ponctuellement des accidents dus à des anomalies sur des câbles, poulies, élingues et autres matériels connexes liés la plupart du temps à des problèmes mécaniques, tenue ou échauffement.
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Les causes se partagent, dans la mesure où elles sont connues, entre défaillance humaine (56%) et défaillance matérielle (44%). En effet, si l'on considère les points évoqués précédemment, il n'est pas surprenant qu'une part importante des accidents soit liée à la défaillance d'un matériel. Pour les cas non mentionnés, où le matériel incriminé n'est pas connu (15% des 80 accidents), il s'agit bien souvent de défaillances dans les manoeuvres, que l'on peut associer à des défaillances humaines.
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Des personnes sont atteintes dans 1 accident sur 4, des blessures graves étant même relevées 1 fois sur 2. Ceci est bien évidemment dû à la typologie des accidents comportant un grand nombre d'incendies. Mais ces accidents se caractérisent surtout par les lourds dégâts matériels qu'ils provoquent dans 85% des accidents, accompagnés d'une interruption de la production dans 30 % des cas voire d'un chômage technique dans 14% des cas ! Les pollutions diverses sont observées à la suite d'incendies (17% de cas de pollution atmosphérique) ou de fuites consécutives à des erreurs de manoeuvre ayant conduit par exemple à un percement de capacité (pollution de sols dans 11% des cas).
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Toutes ces constatations mettent en évidence la vigilance qu'il convient d'adopter face à ce type de matériels. Les défaillances mécaniques mettent bien sûr en exergue la nécessité d'un entretien régulier et adéquat. Ce dernier peut se limiter à un simple nettoyage si l'on prend l'exemple des bandes transporteuses. Mais il convient également de ne pas négliger le caractère d'initiateur potentiel d'un incendie que constituent certains matériels : dans ce contexte, il sera intéressant et profitable de bien examiner les zones d'utilisation des engins. Enfin, vu la propension à la propagation que présentent par exemple les convoyeurs, le recours à une bonne sectorisation constitue un atout certain. |
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